Sommaire
  1. Sèches ou grasses : lire ses pellicules à l’œil
  2. D’où viennent les pellicules
  3. Le tableau : quel actif, combien de temps, à quel rythme
  4. Le shampoing antipelliculaire pas à pas
  5. Sur cheveux secs, bouclés ou colorés
  6. Pourquoi ça ne marche pas
  7. Remèdes de grand-mère : ce qu’ils valent
  8. Quand ce n’est plus une affaire de shampoing
  9. Questions fréquentes

En bref

Pour enlever des pellicules, commencez par les regarder : fines et blanches sur un cuir chevelu calme, elles sont sèches ; épaisses, jaunâtres et collées aux racines, elles sont grasses. Choisissez ensuite un shampoing antipelliculaire dont l’actif est écrit sur l’étiquette (piroctone olamine, disulfure de sélénium, acide salicylique, climbazole) et laissez-le agir 3 à 5 minutes avant de rincer. Comptez 2 à 3 shampoings par semaine pendant 2 à 4 semaines, puis un shampoing d’entretien par semaine ou tous les quinze jours. Si rien n’a bougé au bout d’un mois, le shampoing n’est plus la bonne réponse : c’est au médecin de voir.

3 à 5 min
de pose sur le cuir chevelu
2 à 3 fois
par semaine en attaque
2 à 4 semaines
avant de passer à l’entretien
1 mois
sans progrès : consulter

Sèches ou grasses : lire ses pellicules à l’œil

Avant d’acheter un traitement, regardez votre raie sous une lumière franche et vos épaules en fin de journée. Les deux familles de pellicules ne se traitent pas tout à fait de la même façon, et la différence se voit. C’est la première lecture du cuir chevelu, avant celles que détaille notre dossier pour lire son cheveu et son cuir chevelu.

Ce que vous voyez Pellicules sèches Pellicules grasses
Taille et couleur Petites squames fines, blanches Squames plus épaisses, jaunâtres, en amas
Où elles sont Elles tombent sur les épaules, se détachent au brossage Elles collent au cuir chevelu et aux racines
Le cuir chevelu Sec, pas rouge, qui tiraille Gras, souvent rouge par endroits, qui démange
Ce qui les aggrave Shampoing décapant ou parfumé sur un cuir chevelu sensible, eau dure, froid sec, air climatisé Excès de sébum, stress, fatigue, hiver

Les pellicules grasses correspondent le plus souvent à une forme légère de dermatite séborrhéique, la plus inflammatoire des deux. Si vous avez en plus les cheveux gras, le rythme de lavage compte autant que l’actif.

D’où viennent les pellicules

Votre peau se renouvelle en permanence : une cellule met environ 28 jours à monter de la couche profonde de l’épiderme jusqu’à la surface, où elle se détache sans qu’on la voie. Quand ce cycle s’accélère, les cellules mortes arrivent en paquets et forment des squames visibles : ce sont les pellicules.

Le moteur principal s’appelle Malassezia (on lit souvent Malassezia furfur, du nom de l’une de ses espèces), une levure présente sur tous les cuirs chevelus. Elle se nourrit du sébum et le décompose en acides gras qui irritent la peau. Plus il y a de sébum, plus sa prolifération est forte, plus le cuir chevelu s’enflamme et plus il desquame. C’est pour cette raison que les pellicules apparaissent souvent à la puberté, quand les hormones relancent la production de sébum, et touchent un peu plus les hommes.

D’autres facteurs pèsent : une prédisposition familiale, le stress, la fatigue, le climat, la pollution, le manque de soleil. Ils expliquent les « pellicules d’un coup » après une période chargée ou au début de l’hiver.

Et la carence ? Les dermatologues ne retiennent pas de carence alimentaire parmi les causes des pellicules ordinaires. Une alimentation saine et un mode de vie moins tendu ne font pas de mal, mais ils ne remplacent pas un actif au contact du cuir chevelu.

Le tableau : quel actif, combien de temps, à quel rythme

Un shampooing traitant agit par son actif, pas par sa mousse : en pharmacie comme en grande surface, c’est la ligne de l’actif qu’il faut trouver. Les actifs cosmétiques font trois choses : freiner la levure (action antifongique), décoller les squames (action kératolytique, autrement dit exfoliante) et calmer le cuir chevelu. Ils ne sont efficaces que s’ils restent assez longtemps au contact de la peau : le temps de pose fait le résultat autant que la formule.

Type de pellicules Actif à chercher sur l’étiquette Ce qu’il fait Temps de contact Rythme d’attaque Entretien
Sèches, peu abondantes Piroctone olamine, climbazole Antifongique doux 3 à 5 min 2 à 3 fois par semaine, 2 à 4 semaines 1 fois par semaine ou tous les 15 jours, en alternance avec un shampoing doux
Grasses, collées aux racines Disulfure de sélénium, ou piroctone olamine associée à l’acide salicylique Antifongique et kératolytique 3 à 5 min 2 à 3 fois par semaine, 2 à 4 semaines 1 fois par semaine
Abondantes, avec rougeurs et démangeaisons fortes Sur avis médical : kétoconazole à 2 %, ciclopirox olamine Antifongiques sur prescription 5 min au moins 2 à 3 fois par semaine, 4 semaines 1 à 2 fois par semaine, prescrit

Ces actifs sont encadrés par le règlement (CE) n° 1223/2009 sur les produits cosmétiques. Le disulfure de sélénium n’est autorisé que dans les shampoings antipelliculaires, à 1 % au plus, et son étiquette doit dire d’éviter le contact avec les yeux ou une peau abîmée. Le climbazole est admis comme antipelliculaire dans un shampoing rincé jusqu’à 2 %. L’acide salicylique est plafonné à 3 % dans un produit capillaire rincé.

Sur l’étiquette : l’actif apparaît dans la liste des ingrédients sous son nom INCI (piroctone olamine, selenium disulfide, climbazole, salicylic acid). Un shampoing qui promet « anti-pelliculaire » sans aucun de ces noms compte sur sa base lavante et ses extraits : il peut convenir à l’entretien, rarement à l’attaque.

Le zinc pyrithione (pyrithione de zinc) n’existe plus en rayon. Longtemps l’actif antipelliculaire le plus courant, il a été classé toxique pour la reproduction et inscrit à l’annexe II du règlement, la liste des substances interdites, par le règlement (UE) 2021/1902. Depuis le 1er mars 2022, un cosmétique qui en contient ne peut plus être vendu dans l’Union européenne. Si vous retrouvez un vieux flacon portant zinc pyrithione dans sa liste, ne le finissez pas.

Le shampoing antipelliculaire pas à pas

Pour éliminer les pellicules, le geste compte autant que le produit, à chaque étape.

  1. Mouillez cheveux et cuir chevelu à l’eau tiède, pas chaude : l’eau chaude dégraisse et irrite un cuir chevelu déjà réactif.
  2. Appliquez le shampoing sur le cuir chevelu, raie par raie, pas sur les longueurs. Une noisette suffit pour des cheveux courts, deux pour des cheveux longs.
  3. Massez avec la pulpe des doigts pendant une trentaine de secondes, sans les ongles : gratter abîme la peau et relance la démangeaison.
  4. Laissez agir 3 à 5 minutes. C’est le temps dont l’actif a besoin pour agir sur la levure. Profitez-en pour vous laver le corps, le produit continue de travailler.
  5. Rincez longuement, jusqu’à ce que plus aucune mousse ne coule de la nuque.
  6. Après-shampoing sur les longueurs seulement, jamais sur le cuir chevelu.
  7. Séchez à air tiède, séchoir à distance du crâne.

Les autres jours de votre routine capillaire, utilisez un shampoing doux. Une fois l’attaque terminée, gardez le shampoing antipelliculaire une fois par semaine ou tous les quinze jours, en alternance avec le doux. Les pellicules se contrôlent, elles ne disparaissent pas pour toujours : arrêter tout entretien les fait souvent revenir en quelques semaines.

Sur cheveux secs, bouclés ou colorés

Les shampoings antipelliculaires dessèchent parfois les longueurs. Le réglage de départ : posez l’actif uniquement au cuir chevelu, protégez les longueurs avec un après-shampoing avant le rinçage, et réduisez à deux applications par semaine si les pointes deviennent rêches. Sur des cheveux colorés, préférez une base lavante douce pour l’entretien et gardez l’antipelliculaire pour le cuir chevelu.

Pourquoi ça ne marche pas

Un mois de shampoing antipelliculaire sans effet vient le plus souvent d’un geste, pas du produit.

Ce que vous constatez Cause probable Correction
Aucun changement après deux semaines Shampoing rincé tout de suite Laisser poser 3 à 5 minutes à chaque fois
Mieux, puis retour en dix jours Arrêt dès la première amélioration Finir les 2 à 4 semaines, puis garder l’entretien
Cuir chevelu qui tiraille et pellicules plus fines Actif trop fréquent ou eau trop chaude Espacer, eau tiède, shampoing doux entre deux
Squames collées par plaques Coiffant, cire ou huile posés aux racines Coiffants sur les longueurs seulement
Démangeaisons qui augmentent Grattage ou réaction au parfum Ongles courts, shampoing sans parfum, voir notre guide du cuir chevelu qui gratte

Remèdes de grand-mère : ce qu’ils valent

Vinaigre de cidre, bicarbonate, huile de coco, tea tree, citron : les recettes maison tiennent une bonne place dans les conseils en ligne. Pour enlever les pellicules, aucune ne remplace un traitement dont on connaît le temps de contact.

  • Vinaigre de cidre et citron : acides, ils peuvent piquer et irriter un cuir chevelu déjà enflammé. Dilués, ils servent surtout à éliminer les résidus d’une eau calcaire.
  • Bicarbonate : il frotte et décape, ce qui peut détacher les squames sur le moment mais assèche la peau.
  • Huile de coco ou d’olive sur le cuir chevelu : à éviter sur des pellicules grasses, car la levure Malassezia se nourrit justement de corps gras.
  • Huile essentielle d’arbre à thé (tea tree) : jamais pure sur la peau, elle peut provoquer une irritation ou une allergie.
  • Aloe vera : apaisant, il peut calmer un cuir chevelu qui tiraille, sans agir sur la levure.
  • Masques maison (yaourt, argile) : ils emportent quelques squames au rinçage, sans action démontrée sur la levure ; l’argile assèche encore un cuir chevelu déjà sec.

Notre choix : un shampoing à actif nommé, bien posé, plutôt qu’un mélange de cuisine sans dose ni durée.

Quand ce n’est plus une affaire de shampoing

Un soin cosmétique ne traite pas une maladie de peau : c’est alors une question de santé, qui relève du médecin. Consultez un médecin ou un dermatologue dans ces cas :

  • aucun progrès après un mois de shampoing antipelliculaire utilisé correctement ;
  • des plaques épaisses, bien délimitées, couvertes de squames argentées, parfois avec des plaques ailleurs sur le corps : c’est l’aspect d’un psoriasis ;
  • des croûtes, un suintement, une douleur, des boutons autour des cheveux ;
  • une chute en plaques ou des cheveux cassés court sur une zone qui pèle ;
  • des pellicules chez un enfant : une teigne, infection par un champignon, doit être écartée ;
  • chez l’adulte, des rougeurs et des squames qui débordent sur le visage : front, sourcils, ailes du nez. Ces symptômes évoquent une dermatite séborrhéique.

Le médecin peut prescrire des shampoings plus actifs (kétoconazole, ciclopirox), parfois une lotion ou une crème anti-inflammatoire, sur une courte durée seulement.

Ce qui ressemble à des pellicules sans en être : les lentes de poux restent fixées le long de la tige du cheveu et ne tombent pas quand on secoue ; les manchons sont de petits fourreaux blancs qui glissent le long du cheveu, souvent liés à une coiffure qui tire.

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je plein de pellicules d’un coup ?

Le plus souvent après une période de stress ou de fatigue, au début de l’hiver, ou après un changement de shampoing plus décapant. La levure profite d’un cuir chevelu déséquilibré.

Peut-on se débarrasser des pellicules définitivement ?

Non : on les contrôle. La levure fait partie du cuir chevelu ; l’entretien hebdomadaire évite leur retour.

Les pellicules sont-elles contagieuses ?

Non : la levure Malassezia vit sur toutes les têtes, on ne les attrape pas en partageant une brosse.

Le shampoing sec aggrave-t-il les pellicules ?

Il laisse une poudre aux racines qui s’ajoute aux squames et peut irriter. Gardez-le pour le dépannage, pas pour remplacer un lavage.

Comment enlever des pellicules rapidement ?

Un shampoing antipelliculaire laissé 5 minutes et un brossage doux enlèvent les squames visibles le jour même ; les faire cesser demande les 2 à 4 semaines d’attaque.