Sommaire
  1. Lire une hauteur de ton
  2. Les techniques comparées
  3. Avant toute couleur : le diagnostic
  4. 1. La patine
  5. 2. Le balayage
  6. 3. La décoloration
  7. 4. La coloration végétale
  8. 5. Colorer ses cheveux blancs
  9. 6. Le balayage sur cheveux blancs
  10. Ce que contient une coloration d’oxydation
  11. Coloration maison ou chez un coloriste
  12. Les dossiers voisins

Une couleur se lit en trois informations : une hauteur de ton, un reflet et un oxydant. Ce dossier explique d’abord comment lire un nuancier, puis compare toutes les techniques de couleur sur les mêmes critères : ce qu’elles changent sur l’échelle, ce qu’elles font des cheveux blancs, combien de temps elles tiennent et ce qu’elles demandent à la fibre. Les six guides se lisent ensuite dans l’ordre où la question se pose : régler un reflet, éclaircir, puis colorer autrement, et enfin composer avec les blancs.

10 hauteurs de ton
du noir (1) au blond très très clair (10)
100 % des blancs
couverts : seule la coloration d’oxydation y parvient
6 % d’oxydant
au plus sur le cuir chevelu, selon les fiches consultées
3 à 6 semaines
avant que la racine se voie après une coloration permanente

Lire une hauteur de ton

La hauteur de ton mesure la clarté d’une couleur, sur une échelle de 1 à 10 qui va du noir au blond très très clair. Un écart d’une hauteur s’appelle un ton : passer de 5 à 8, c’est éclaircir de trois tons.

Hauteur Nom
1 noir
2 brun
3 châtain foncé
4 châtain
5 châtain clair
6 blond foncé
7 blond
8 blond clair
9 blond très clair
10 blond très très clair
Schéma du nuancier des hauteurs de ton, dix pastilles du noir (1) au blond très très clair (10), avec le nom de chaque hauteur et un exemple de lecture de nuance, 7.1 pour un blond cendré.
Le nuancier des hauteurs de ton : dix pastilles du noir (1) au blond très très clair (10), avec le nom de chaque hauteur ; dans une nuance, le premier chiffre donne la hauteur, le suivant le reflet. · Photo: Les hauteurs de ton, de 1 à 10, La rédaction de Spécial VIP, Propriété de l’éditeur

Sur un tube, le premier chiffre est la hauteur, celui qui suit le point, la virgule ou le tiret est le reflet : un 7.1 se lit blond cendré. Ce numéro de nuance est la base de la colorimétrie en coiffure, une échelle de niveaux que les marques emploient presque toutes. La numérotation des reflets varie selon les marques ; chez Schwarzkopf Professional, 1 désigne le cendré, 3 le mat, 5 le doré, 7 le cuivré, 9 le violet. Lisez toujours le nuancier de la gamme.

Pour trouver votre propre hauteur, comparez la racine, sur deux centimètres, à un nuancier à la lumière du jour, jamais aux longueurs : elles ont été éclaircies par le soleil ou par une couleur. Entre deux hauteurs, prenez la plus foncée ; un écran ou une photo faussent la lecture, selon la lumière et le réglage de l’appareil.

Quand un cheveu s’éclaircit, il révèle un fond d’éclaircissement chaud : rouge à la hauteur 4, orangé à 6, jaune à 8, jaune très clair à 10, selon le référentiel du CAP coiffure. C’est ce fond chaud qui explique qu’un blond jaunisse et qu’un châtain éclairci tire sur le roux. Sur le cercle chromatique, il se neutralise par la couleur qui lui fait face.

Les techniques comparées

Technique Sur l’échelle des hauteurs Cheveux blancs Tenue Ce qu’elle demande à la fibre
Coloration d’oxydation fonce, ou éclaircit un peu selon l’oxydant couverts à 100 % (Afssaps) permanente, racines visibles en 3 à 6 semaines colorants d’oxydation, ammoniaque et oxydant
Ton sur ton reste à la hauteur ou fonce partielle, jusqu’à 70 % annoncés (Wella Color Touch) jusqu’à 24 shampoings oxydant faible, de 1,9 % à 4 %
Patine, gloss ne change pas la hauteur, règle le reflet fond les premiers blancs, jusqu’à 30 % (Wella Shinefinity) jusqu’à 6 semaines faible, souvent pH acide
Coloration végétale (henné, indigo) fonce ou réchauffe, n’éclaircit jamais henné seul : orangé ; henné puis indigo : plus foncé se fixe, repousse à reprendre sans oxydant, mais bloque ensuite les techniques chimiques
Balayage éclaircit des mèches, jusqu’à 8 tons annoncés pour une argile fond la repousse, ne couvre pas repousse douce, sans ligne décoloration partielle
Mèches au papier éclaircit des mèches, plus nettement fond, ne couvre pas ligne visible à la racine décoloration partielle
Décoloration éclaircit, jusqu’à 9 tons annoncés pour une poudre sans objet permanente la plus forte : persulfates et oxydant

La dernière colonne est notre lecture des fiches techniques et des avis de l’Anses ; les tenues et couvertures sont celles que les fabricants annoncent pour leurs gammes.

Ce que le tableau dit en une phrase, pour faire votre choix selon le résultat voulu : pour monter sur l’échelle, il faut éclaircir (balayage, mèches, décoloration) ; pour couvrir les blancs, il faut une coloration d’oxydation ; tout le reste règle un reflet ou fond les blancs sans les couvrir.

Avant toute couleur : le diagnostic

Trois informations décident de la technique avant même la teinte :

  • La base naturelle, lue à la racine, en hauteur de ton.
  • L’historique : coloration d’oxydation, henné, mèches, lissage. Une ancienne couleur foncée s’éclaircit mal ; un henné bloque souvent la chimie ; une fibre déjà lissée encaisse moins une décoloration.
  • L’état de la fibre : un cheveu poreux prend la couleur vite et la perd vite, et les pointes boivent plus de pigment que les racines.

Notre dossier sur l’expertise capillaire explique comment lire son cheveu (diamètre, porosité, cuir chevelu) avant de choisir une technique.

1. La patine

La patine dépose un reflet sans éclaircir, pour neutraliser le fond qui gêne : violet contre le jaune, bleu contre l’orangé, vert contre le rouge. Elle se choisit d’après la hauteur atteinte après un éclaircissement, et tient de quelques semaines à une vingtaine de shampoings selon le produit. Le guide de la patine donne la roue des neutralisations et le tableau base par base. Le shampoing violet, qui entretient entre deux patines, aura sa page.

2. Le balayage

Le balayage éclaircit à main levée des mèches choisies, en fondu depuis la racine. Il se choisit depuis sa base : sur une brune, l’éclaircissement passe par le rouge et l’orangé avant le jaune, d’où le caramel plutôt que le blond froid. Le guide du balayage donne l’écart à viser en une séance pour chaque base, les teintes à demander et l’entretien. La comparaison détaillée des mèches et du balayage, et l’ombré, auront leurs pages.

3. La décoloration

La décoloration oxyde les pigments du cheveu. Le volume d’oxydant se choisit d’après la hauteur de départ et la zone : les fiches consultées limitent à 6 % (20 volumes) l’oxydant posé sur le cuir chevelu et réservent le 9 % aux longueurs ; le règlement plafonne le peroxyde d’hydrogène à 12 %. Le guide de la décoloration détaille les volumes par hauteur, les fonds, ce qu’il y a dans le bol et les étapes.

4. La coloration végétale

Le henné, l’indigo et la cassia colorent sans oxydant. Ils foncent ou réchauffent, n’éclaircissent jamais, et rendent un cheveu difficile à éclaircir ensuite. Le guide de la coloration végétale dit ce que donne chaque plante selon la base, comment repérer une « végétale » qui contient de la PPD et quoi faire avant une couleur chimique. Le henné aura sa page à part.

5. Colorer ses cheveux blancs

Couvrir, fondre ou assumer : c’est la part de blancs qui décide. Sous 30 %, on les fond ; au-delà de la moitié, seule une coloration d’oxydation les couvre tous, avec une retouche des racines toutes les 3 à 6 semaines. Le guide pour colorer ses cheveux blancs croise la part de blancs, la technique, la couverture et le rythme de retouche.

6. Le balayage sur cheveux blancs

Pour qui veut sortir de la coloration, le balayage fond la repousse dans des mèches claires. La transition dure à peu près la longueur colorée divisée par la repousse, environ 15 cm par an selon l’American Academy of Dermatology : plus d’un an pour des cheveux aux épaules. Le guide du balayage sur cheveux blancs donne le calendrier par étapes et le balayage à poser selon la base.

Ce que contient une coloration d’oxydation

Une coloration permanente se prépare en mélangeant deux produits : le colorant et le révélateur. Le colorant contient des précurseurs et des coupleurs qui, au contact de l’oxydant, forment dans le cheveu des molécules colorées ; un agent alcalin, souvent l’ammoniaque, ouvre la fibre.

Ce que dit le règlement (CE) n° 1223/2009, vérifié sur CosIng le 5 novembre 2026 :

  • La p-phénylènediamine (PPD), annexe III, entrée 8a : 2 % au plus sur le cheveu après mélange, avec l’avertissement « Les colorants capillaires peuvent provoquer des réactions allergiques sévères », la mention qu’il n’est pas destiné aux moins de 16 ans et la mise en garde sur les tatouages au « henné noir ».
  • Le peroxyde d’hydrogène, annexe III, entrée 12 : 12 % (40 volumes) au plus dans un produit capillaire.
  • L’ammoniaque, annexe III, entrée 4 : 6 % au plus.

Dans son bulletin d’avril 2026, l’Anses recense 124 déclarations d’effets indésirables liés aux colorations et décolorations entre 2019 et 2025, dont 91 % pour des colorations d’oxydation. Les notices demandent une touche d’essai 48 heures avant chaque coloration ; l’Anses précise qu’elle n’est plus obligatoire depuis 2001 et que le comité scientifique européen doute de sa fiabilité. Ne colorez jamais un cuir chevelu irrité, ni après une réaction à une teinture ou à un tatouage au henné noir.

Coloration maison ou chez un coloriste

Une boîte de coloration maison, souvent une crème à mélanger à un révélateur, fait bien ce pour quoi elle est réglée : rester à sa hauteur ou foncer, couvrir des blancs, raviver un reflet. Elle fait mal ce qui demande un diagnostic : éclaircir une couleur déjà posée (une couleur n’éclaircit pas une couleur), passer d’une brune à un blond, rattraper un reflet raté.

Avant une coloration maison, l’Afssaps conseille de lire la notice en entier, de porter les gants fournis, de respecter le temps de pose, de ne pas colorer des cheveux teints au henné ou aux sels métalliques, et de garder l’emballage un mois. Avant la première, regardez votre base naturelle à la racine et choisissez une nuance à une ou deux hauteurs d’elle : c’est la règle qui évite le plus de mauvaises surprises.

Faut-il laver ses cheveux avant ? Non, en général : les fiches techniques consultées font poser la couleur sur cheveux secs, non lavés de la veille pour une décoloration, pour que le sébum protège un peu le cuir chevelu. Suivez la notice du produit, qui fait foi.

À quel rythme ? Une coloration d’oxydation laisse voir la racine 3 à 6 semaines après selon l’Afssaps. En entretien, la couleur se pose sur la repousse seulement, et ne s’étire sur les longueurs qu’en fin de pose si elles ont pâli.

  • Si un reflet vous gêne

    (jaune, orangé, roux) : commencez par la patine.

  • Si vous voulez de la lumière sans tout changer

    le balayage.

  • Si vous voulez monter de plusieurs tons

    la décoloration, et son guide avant de vous lancer.

  • Si vous voulez éviter les colorants d’oxydation

    la coloration végétale, en connaissant ses limites.

  • Si les blancs sont votre question

    colorer ses cheveux blancs, puis le balayage sur cheveux blancs pour en sortir.

Les dossiers voisins