Sommaire
  1. Ce que donne chaque plante
  2. Les inconvénients : ce que le végétal ne fait pas
  3. Couvrir les cheveux blancs
  4. Combien de temps elle tient
  5. Est-ce qu’elle abîme les cheveux ?
  6. Lire l’étiquette d’une « végétale »
  7. Avant une coloration chimique, un balayage ou un lissage
  8. Végétale ou chimique
  9. Précautions et allergies

Définition

Une coloration végétale est une poudre de plantes tinctoriales (henné, indigo, cassia) mélangée à de l’eau, dont les pigments se fixent sur la fibre sans oxydant ni ammoniaque. Elle colore ou fonce, elle n’éclaircit jamais, et son résultat dépend de la couleur naturelle de départ : la même poudre ne donne pas la même teinte sur un châtain et sur un cheveu blanc.

La coloration végétale ne passe pas par le mélange colorant et révélateur d’une coloration d’oxydation, l’autre grande famille de notre dossier sur la coloration des cheveux. La pâte se pose épaisse, longtemps, et la couleur continue de se révéler après le rinçage : selon Couleurs Gaïa, le résultat final apparaît entre quelques heures et deux jours plus tard, le temps que les pigments s’oxydent à l’air.

Ce que donne chaque plante

Plante (INCI) Pigment et effet Sur base claire ou blanche Sur base foncée
Henné, Lawsonia inermis (HENNA) lawsone : reflets orangés à rouges orange vif à cuivré reflet roux, plus discret
Indigo, Indigofera tinctoria (INDIGOFERA TINCTORIA LEAF POWDER) bleu seul, reflet bleuté peu flatteur fonce, vers le brun ou le noir avec le henné
Cassia, dite « henné neutre » presque pas de couleur léger reflet doré possible après une longue pose rien de visible
Mélanges du commerce (katam, brou de noix, camomille…) nuances brunes ou dorées selon la formule selon la formule
Poudre végétale vert kaki en dôme dans un bol en bois, sur fond blanc.
Une poudre de feuilles broyées, vert kaki : c’est sous cette forme que se vendent le henné et les autres plantes tinctoriales, avant d’être délayées en pâte. · Photo: Poudre de plante tinctoriale dans un bol, Marijan K., Unsplash License

Le henné tient sa couleur d’une molécule, la lawsone (2-hydroxy-1,4-naphtoquinone), présente dans ses feuilles réduites en poudre. Il donne des teintes rouges, jaunes ou orangées qui varient avec la couleur initiale du cheveu, le temps de pose de la pâte et la provenance de la plante.

L’indigo fonce et donne des reflets bleutés : seul, il est rarement porté. Il sert à assombrir le henné, mélangé avec lui ou posé après lui. Pour les mélanges foncés (henné avec indigo ou katam), les fiches techniques d’Aroma-Zone indiquent 2 à 3 heures de pose.

La cassia est surtout utilisée comme soin gainant ; sur un cheveu blanc ou très clair, une pose longue peut laisser un reflet léger.

Les marques vendent des teintes nommées (« châtain », « blond vénitien », « noir ébène ») : ce sont des mélanges de ces plantes, dans des proportions qui leur sont propres. Lisez la liste des ingrédients pour savoir ce qu’il y a dans le sachet.

Les inconvénients : ce que le végétal ne fait pas

  • Éclaircir : aucune plante ne décolore, seule une décoloration le peut. Une brune reste brune, avec un reflet.
  • Donner un blond froid : les pigments végétaux sont chauds (henné) ou bleus (indigo) ; un cendré n’existe pas en poudre de plante pure.
  • Être prévisible du premier coup : le résultat dépend de la base, de la porosité, du temps de pose et de l’oxydation à l’air. Couleurs Gaïa conseille de viser d’abord un peu plus clair que voulu, puis de foncer au fil des mois.
  • S’effacer pour laisser place à un blond : un cheveu teint en végétal s’éclaircit mal ensuite, souvent jusqu’à ce qu’il ait repoussé.

C’est la limite la plus souvent oubliée : choisir le végétal, c’est renoncer à éclaircir les longueurs teintes pour longtemps.

Couvrir les cheveux blancs

Le cheveu blanc n’a plus de mélanine : c’est lui qui montre le mieux la couleur des plantes, et lui qui trahit le plus vite un résultat raté.

  • Henné seul : le blanc devient orangé à cuivré, nettement plus vif que les cheveux pigmentés voisins.
  • Henné puis indigo, en deux temps : le henné pose la base chaude, l’indigo fonce par-dessus ; c’est la méthode que recommandent les fiches des fabricants pour une couverture plus complète.
  • Indigo seul sur cheveux blancs : reflet bleuté.

Au-delà d’une moitié de blancs, le réglage demande des essais sur une mèche. Notre guide pour colorer ses cheveux blancs compare cette option aux colorations chimiques et au balayage.

Combien de temps elle tient

Le henné se fixe durablement : Couleurs Gaïa décrit une coloration permanente, qui dégorge très peu et se patine au fil des semaines. Ce qui se voit, c’est la repousse : les cheveux du crâne poussent d’environ 15 cm par an selon l’American Academy of Dermatology, et la racine naturelle apparaît au rythme de cette pousse, surtout si elle est blanche.

L’entretien consiste donc à reposer la pâte sur les racines, pas sur toute la longueur : chaque application sur les longueurs les fonce un peu plus, puisque le pigment s’ajoute à celui qui est déjà là.

Est-ce qu’elle abîme les cheveux ?

Elle n’ouvre pas la fibre capillaire comme le fait une coloration d’oxydation : il n’y a ni ammoniaque ni peroxyde d’hydrogène dans une poudre de plante pure composée seulement de feuilles broyées. C’est son vrai avantage, plus qu’un effet de soin. La pose est longue, cheveux couverts de pâte humide, ce qui demande une demi-journée bloquée. Le vrai coût est ailleurs : la couleur posée bloque pour longtemps les autres techniques.

Lire l’étiquette d’une « végétale »

Le mot « végétal » n’est pas protégé. Certains produits mélangent des poudres de plantes à des colorants d’oxydation ; d’autres, vendus comme « henné noir », contiennent de la p-phénylènediamine (PPD).

Sur la liste INCI, une coloration 100 % végétale ne contient que des noms de plantes : HENNA, INDIGOFERA TINCTORIA LEAF POWDER, le nom latin de la cassia selon la marque, éventuellement des poudres d’autres plantes. Méfiez-vous si vous lisez :

  • P-PHENYLENEDIAMINE, TOLUENE-2,5-DIAMINE ou d’autres « -diamine » : ce sont des colorants d’oxydation ;
  • HYDROGEN PEROXIDE ou un révélateur fourni à part : le produit oxyde ;
  • des sels métalliques (sulfates, acétates de métaux).

Côté règlement (CE) n° 1223/2009, la PPD figure à l’annexe III, entrée 8a : 2 % au plus sur le cheveu après mélange, et l’étiquette doit avertir que les tatouages temporaires au « henné noir » augmentent le risque d’allergie. L’indigo est inscrit à l’annexe III, entrée 320 : 25 % au plus dans une teinture capillaire non oxydante, depuis le 3 juin 2021. Statuts vérifiés sur CosIng le 5 novembre 2026.

Avant une coloration chimique, un balayage ou un lissage

Ce que vous voulez faire après Ce que disent les sources Notre conseil
Coloration d’oxydation Les recommandations de l’Afssaps, aujourd’hui ANSM, déconseillent une teinture permanente sur des cheveux colorés au henné, aux sels métalliques ou par une coloration progressive attendre la repousse sur les longueurs, ou un test de mèche avec le coloriste
Balayage, décoloration Un cheveu coloré en végétal s’éclaircit souvent mal test de mèche obligatoire, résultat incertain
Lissage, permanente Couleurs Gaïa les dit plutôt déconseillés après un végétal test de mèche, et prévenir le technicien

Dites toujours au coloriste ce que vous avez posé, même il y a un an : le henné ne part pas au shampooing, et une poudre achetée comme « végétale » peut contenir autre chose que des plantes.

Végétale ou chimique

Coloration végétale

  • aucun oxydant, aucune ammoniaque
  • colore ou fonce, n’éclaircit pas
  • résultat qui dépend de la base, qui se révèle en un à deux jours
  • pose longue, jusqu’à 1 h 30 selon Couleurs Gaïa, plus pour les mélanges foncés
  • bloque un éclaircissement futur

Coloration d’oxydation

  • colorants d’oxydation et oxydant mélangés au moment de l’emploi
  • peut éclaircir un peu ou foncer, couvre 100 % des blancs selon l’Afssaps
  • teinte lue sur le nuancier, plus prévisible
  • pose d’environ 35 minutes sur les fiches consultées
  • racines visibles 3 à 6 semaines après selon l’Afssaps

Pour quel cheveu : le végétal convient à qui veut réchauffer ou foncer sa couleur, couvrir des blancs avec un reflet chaud assumé, et n’a pas l’intention d’éclaircir ses longueurs dans l’année. Nous le déconseillons à qui alterne les techniques, vise un blond froid ou prévoit un balayage dans les mois qui viennent.

Le végétal n’est pas une coloration « sans risque » : il change de risque, et chaque avantage a son inconvénient. Il évite les colorants d’oxydation, mais il engage le cheveu pour longtemps et réagit mal à la chimie posée ensuite.

Précautions et allergies

Une plante peut sensibiliser comme un colorant de synthèse. L’Anses rappelle, dans son bulletin d’avril 2026, que des réactions de type allergique surviennent aussi chez les professionnels de la coiffure avec des teintures dites « naturelles ». Faites une touche d’essai si la notice la prévoit, posez la pâte avec des gants, et rincez ensuite avec un shampoing doux.

Rincez la tête à l’eau claire et consultez en cas de démangeaisons fortes, de rougeur, de plaques ou de suintement du cuir chevelu : une coloration naturelle n’est pas sans danger pour une peau sensibilisée. Un gonflement du visage ou une gêne respiratoire est une urgence : le 15 ou un centre antipoison, en indiquant le produit.